Le 14 février 2025, le groupe rebelle M23, soutenu par des troupes rwandaises, a pris le contrôle de l’aéroport de Kavumu, situé à proximité de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Cette avancée stratégique marque une intensification du conflit dans l’est du pays, où le M23 poursuit sa progression vers Bukavu après la prise de Goma fin janvier.
Contexte du conflit
Le M23, ou Mouvement du 23 mars, est un groupe armé rwandais qui a émergé en 2012 à la suite d’une rébellion menée par d’anciens membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Composé d’environ 8 000 combattants, le M23 accuse le gouvernement congolais de ne pas avoir respecté un accord de 2009 visant à intégrer les combattants tutsis dans l’armée nationale et à protéger les communautés tutsies et autres minorités. Récemment, le groupe a intensifié ses actions en capturant des villes clés et des zones riches en minéraux, notamment Goma et l’aéroport de Kavumu près de Bukavu, exacerbant ainsi la crise humanitaire.
Prise de l’aéroport de Kavumu
L’aéroport de Kavumu est essentiel pour les opérations humanitaires et le transport de secours dans la région. Sa capture par le M23 perturbe gravement les activités humanitaires et les déplacements dans le Sud-Kivu. Les autorités congolaises ont retiré du matériel clé de l’aéroport, qui est désormais effectivement fermé.
Réactions internationales
Le président congolais, Félix Tshisekedi, a cherché à obtenir un soutien international face à cette escalade. Il a participé à la Conférence de sécurité de Munich et prévoit de se rendre au sommet de l’Union africaine en Éthiopie. Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exhorté la Formule 1 à annuler un Grand Prix prévu au Rwanda, accusant ce pays de soutenir le M23.
Le sommet de l’Union africaine, prévu ce week-end, devrait se concentrer sur le conflit en RDC. Cependant, des progrès diplomatiques semblent improbables en raison de la défiance du président rwandais, Paul Kagame, qui nie soutenir le M23 mais insiste sur le droit du Rwanda à se défendre.